YOUR BODY IS JUST SITTING THERE

My family left Europe generations ago, fleeing from anti-semitism and economic oppression. For an American, that kind of suffering can feel (literally) far away, a part of the distant past. Returning to Europe as a student, however—first to France and now to England—makes it feel very recent and visceral. With ‘YOUR BODY IS JUST SITTING THERE’, I wanted to think about what it means to be American and Jewish in Europe, a place my relatives were desperate to escape from, and the intimate, physical ways in which alienation and exile manifest themselves.

1.

mostly i do not think about my Polish relatives and your Polish relatives

& who took up residence in whose houses but

sometimes, then, i do
think about it

2.

there was a memorial for it
( )
in berlin but no bodies

hundreds of gravestones and no bodies
was that the joke

german children kept playing
on the stones so i knew
at least something was still alive

3.

now it is Sabbath &
i continue to work

4.

remember when we were in the orchard
when i was in the orchard

it makes me so sad to
see the last light turned out

5.

what does it feel like
he asks
to be beautiful?

mina loy: ‘Beautiful
half-hour of being a mere woman
[…]
Understanding nothing of man’

6.

i talk about studying in france,
forget to mention
how i was cold for weeks
in july in the south

how the missing,
my host mother said,
made me cold

i wore sweaters—
i wrote about blue fingers—

how i lost my sense of taste,
avoided food,
then went to morocco

8.

i don’t miss new york but i miss something
or something misses me

9.

your body is just sitting there
raw exchange value
the way
your body is just SITTING THERE

10.

it is Sabbath &
i continue to work

La Poésie

« La poésie doit être le miroir terrestre de la Divinité, et réfléchir, par les couleurs, les sons et les rythmes, toutes les beautés de l’univers », Madame de Staël a-t-elle philosophé il y a des siècles.

At-elle parlé de pertinence économique ? Des ventes ? Ou de quelque chose de plus important et d’indéniable ?

Pour s’exprimer de façon vraiment sincère, pour raconter une histoire qui vient du cœur, choisissez la poésie.

On a besoin, en tant qu’être humain, de la beauté, de l’écriture dont l’apparence est aussi belle que le son est beau ; on a une capacité innée à apprécier ce qui satisfait l’œil comme l’oreille.

Évidemment, donc, la poésie, avec son rythme, sa forme, n’est pas que des mots, comme les millions de mots parlés partout dans le monde jour après jour ; la prose, des phrases sans structure rythmique délibérée, se laisse décrire ainsi.

Sans la poésie, comment indiquer définitivement qu’on ne veut pas parler à la tête et au raisonnement, mais à l’imagination et au cœur ?

Infiniment complexe, elle dévoile le caractère, les pensées, les émotions de son poète tout en s’infiltrant dans le lecteur : personne ne peut se cacher d’elle.

Elle nous captive, nous parle, nous émeut d’une façon que la prose ne peut que rêver de faire. Choisissez la poésie.

Bref. Je suis étudiante de MML à Cambridge.

‘Bref’ (‘In short’) is a popular French TV show, in which an anonymous,
unemployed thirty-something recounts aspects of his life in humorous three
minute clips.


Bref. Je suis étudiante de MML à Cambridge.

La vie, c’est super—je regarde des films avec des sous-titres, je lis des livres osés, et des vacances à l’étranger sont fortement conseillées. Tout ça, c’est du travail.

J’ai un gros dictionnaire Oxford-Hachette sur mon étagère. Je ne l’ai jamais utilisé, mais je le garde pour montrer à mes amis que je suis sérieuse. Quand je tape ‘w’ sur mon ordi j’arrive tout de suite sur le site de wordreference.

Il n’y a qu’un garçon dans ma classe de grammaire. Pendant le cours j’imagine souvent des Français fascinés par le rare et bizarre spectacle des Anglais qui se parlent en français. Dans ma tête, je sais qu’ ils se marrent de nos ‘petits accents mignons’.

Une fois, j’ai pris un café de la machine au premier étage de la faculté. Plus jamais. Ensuite j’ai essayé de passer au bureau du Year Abroad. Il n’était pas ouvert. J’ai réessayé le lendemain. Et le jour d’après.

À la fin j’ai choisi ma destination grâce aux photos facebook de quelqu’un qui y était l’année précédente. C’était un bon choix.

J’ai oublié comment former le passé simple pendant mon année en France. Pourtant, j’ai bien appris comment former des monacos, des kirs royaux, des ptits punchs…

Quand j’étais en France, les gens me demandaient sans cesse pourquoi les Anglaises se mettent en mini jupe lorsqu’il fait hyper froid. Je répondais toujours que c’était qu’un gros cliché, en baissant la mienne.

Maintenant lorsque je surprends des touristes français à Cambridge, je souris. Surtout quand ils sont en train de râler du froid, des prix d’entrée ou de la bouffe.

Des fois quand je cherche la définition d’un mot assez dur en français, je tombe sur le même mot en anglais. Ça m’énerve.

Je ne sais pas quoi faire après la fac. Devenir espionne internationale, vedette multilingue ou voyageuse professionnelle me plairait beaucoup je pense.

Mais en fin de compte, il y a plein de choses que je kiffe ici. Mes amis, la ville, même les cours (au moins ceux qui ne sont pas à 9h). Je serai très triste de partir… même si la vie de polyglotte mondiale me paraît bien tentante.

Bref. Je suis étudiante de MML à Cambridge.